Maisons passives & bioclimatiques
Concevoir avec le soleil, le relief et le climat, pour des bâtiments sobres en énergie.
Une conception bioclimatique tire parti du climat du lieu, du soleil, du relief, des vents et de la végétation, pour chauffer, éclairer et rafraîchir le bâtiment le plus naturellement possible. Poussée jusqu’au bout, elle donne un bâtiment passif, qui nécessite si peu d’énergie pour se chauffer qu’il peut se passer d’un système de chauffage classique : ce sont le soleil, les occupants et les appareils du quotidien qui couvrent l’essentiel des besoins. Emmanuelle Guillet, architecte DE-HMONP, en a fait l’une des spécialités de l’atelier.
D’où vient la maison passive
Le concept est né en Allemagne au début des années 1990, avec le standard Passivhaus porté par le Passivhaus Institut de Darmstadt. Ses repères les plus connus sont un besoin de chauffage limité à 15 kWh par mètre carré et par an, et une étanchéité à l’air très poussée, avec un débit de fuite maximum de 0,6 volume d’air par heure sous 50 Pa lors d’un test sous pression. Le label n’est pas obligatoire : on peut appliquer ces principes sans le demander, ou viser la certification, qui suppose des études et des contrôles dédiés.
Les principes, appliqués ensemble
- Une conception bioclimatique : grandes ouvertures au sud pour capter le soleil d’hiver, protections contre la surchauffe d’été, peu d’ouvertures au nord.
- Une forme simple et compacte, qui limite la surface de parois par où la chaleur s’échappe.
- Une isolation épaisse et continue, sans pont thermique aux jonctions des murs, des planchers et des balcons.
- Des menuiseries performantes et une enveloppe étanche à l’air, vérifiée par une mesure en fin de chantier.
- Une ventilation double flux, qui renouvelle l’air en récupérant la chaleur de l’air extrait.
Aucun de ces points ne suffit seul : c’est leur combinaison, pensée dès l’esquisse, qui fait la performance. Les calculs thermiques sont menés avec un bureau d’études thermiques.
En montagne comme en vallée
En altitude, les hivers plus longs et plus froids rendent l’enveloppe encore plus déterminante, et le soleil d’hiver, souvent généreux en altitude, devient une ressource précieuse. L’implantation sur le terrain, les masques des reliefs voisins et la neige sur les toitures se prennent en compte dès la première visite. La maison passive se marie naturellement avec l’ossature bois, dont les murs accueillent de fortes épaisseurs d’isolant.


